
Gestion des strongles digestifs : Approche globale et pratique
En système pâturant, le parasitisme gastro -intestinal est une préoccupation récurrente quasi tout au long de l’année. Il faut réussir la croissance des premières années de pâture à l’herbe pour que les génisses finissent l’année en ayant atteint leurs objectifs de croissance. Il faut passer un hiver sans perte d’état pour que ces mêmes animaux arrivent à leur poids optimal pour la reproduction. Et continuer à avoir des GMQ positifs pendant la deuxième année de pâture pour qu’elles soient en état à leur première mise bas.
Les vaches ne sont pas en reste car on sait que les premières et deuxièmes lactations vont également perdre en peu plus d’état que les vaches adultes en début de lactation. Quant aux adultes, la plupart s’immunisent, mais une partie du troupeau reste sensible aux parasites gastro-intestinaux.
Rien qu’avec ces considérations, la maîtrise du parasitisme semble quelque peu insurmontable. Et il va falloir aborder les protozoaires sur les très jeunes (cryptosporidies, coccidies, giardiose) et à cette saison, un petit aparté sur les strongles respiratoires.
Cet article va tenter de passer en revue tous ces parasites et les moyens à notre disposition pour vivre au mieux avec eux.
Les paramètres à retenir : la météo, les températures et la durée d’un cycle
En fait il n’est pas nécessaire de connaître tous les cycles de tous les parasites par cœur (même si c’est très intéressant et fascinant) pour organiser son plan parasitisme.Il faut avoir des notions des cycles des différents parasites pour pouvoir agir ou prévenir au moment opportun et ne pas se laisser déborder. Quelques notions de temps et de températures que nous passons en revue ci-dessous en commençant par le commencement, les plus jeunes.
Pour les parasites des jeunes – cryptosporidies et coccidioses – le cycle n’est pas autant tributaire de la météo que les strongles, bien que ces parasites aiment l’humidité. Mais ils apparaissent souvent lorsque la concentration des jeunes est élevée. Ce qui arrive assez souvent en vêlage groupé. La cryptosporidiose a un cycle de 8/10 jours, les coccidies un cycle de 3 semaines sauf (s’il n’y a pas d’exception ce n’est pas drôle) pour le type Alabamensis que l’on retrouve en prairie, qui lui a un cycle plus court de 10 jours.
Les premières excrétrices de cryptosporidies et de coccidies sont les mères autour du vêlage. La baisse de l’immunité autour de la mise bas est bien connue, et c’est à ce moment-là que les mères excrètent le plus de parasites. Les veaux se contaminent au passage de la vulve, et les premiers porteurs disséminent ensuite les parasites dans le bâtiment ou la prairie.
Les cryptosporidies sont censées survivre 6 mois dans l’environnement. Les coccidies, 2 ans, donc la contamination coccidiose peut aussi venir du bâtiment ou de la prairie.
Cette notion d’excrétion lors de la mise bas nous rappelle qu’il faut en permanence prendre en compte l’immunité du troupeau. Et que c’est pour cela qu’il faut booster l’immunité des mères ( oligo éléments, vitamines et Magnésium) autour de la mise bas, bien gérer la prise de colostrum et connaître sa valeur, et de ne pas hésiter à booster les veaux en oligo éléments et vitamines dès la naissance avec des compléments de type Blast Off.
Il faut également savoir que pour les coccidies, il est très important d’avoir des coproscopies avec un typage des coccidies. Si les bovins peuvent être porteurs d’une vingtaine de type de coccidies, trois sont très pathogènes et impactantes : Eimeria Alabamensis (que l’on retrouve en prairie), Eimeria Bovis et Eimeria Zuerni. Ces 3 types de coccidies sont délétères et entraînent des stagnations de GMQ à partir de 500 ookystes (ce que l’on détecte à la coproscopie) par gramme de bouse. Alors que souvent, on considère que les coccidies font des dégâts à partir de 25 000 ookystes par gramme de bouses, soit 50 fois plus. Il ne faut pas attendre que les veaux fassent des bouses noires de sang pour s’occuper de la coccidiose. C’est bien trop tard et ils mettront des semaines à récupérer. D’où l’importance capitale du typage des coccidies.
Même s’ils ne sont pas encore en pâture, un suivi parasitaire sur les plus jeunes a son importance. Effectivement, s’ils souffrent de cryptosporidiose dans leur plus jeune âge, la croissance sera déjà bridée dès le départ. Les conditions de développement de la cryptosporidie se rapprochant fort de la coccidiose – population importante et humidité- les risques d’avoir les 2 parasites sont assez probables. Et la coccidiose peut persister longtemps – d’expérience on a retrouvé sur des animaux de plus d’un an dehors- et bloquer les GMQ sur le moyen terme.
A ces 2 parasites, il faut en ajouter 3 autres qui peuvent être transmis dès la naissance : Les strongyloïdes et les toxocara – strongles transmis via le colostrum de la mère. Et les giardioses , protozoaires du milieu qui sont rarement recherchés.
De ce fait, une coproscopie de mélange à 15 jours /3 semaines n’est pas inutile, mais il faut demander une recherche spécifique de Giardiose, un typage des coccidies, les strongyloïdes apparaissant normalement sur la coproscopie des laboratoires sérieux. Cela évitera que les veaux végètent sans vraiment d’explication car avec ces parasites du très jeune, les signes sont frustres : peu de diarrhée, des selles molles parfois, un poil piqué, de la toux et des croissances en berne.
Pour les strongles digestifs en pâture, il faut retenir que leur cycle est de 3 semaines, en conditions optimales – 18°C /23°C avec un peu d’humidité. C’est le temps qu’il faut entre le moment où les œufs sont émis dans les bouses et la fin du cycle quand ces œufs sont devenus de strongles adultes qui pondent.
Si les larves survivent bien à l’hiver (même sous la neige), elles n’aiment pas le chaud – plus de 25°C et le sec. A partir de cette température, la plupart des larves meurent de dessèchement et le cycle est alors rallongé jusque 5 semaines. Cette autre notion de temps et de température nous permet de calculer le Temps de Contact Effectif (en rapport avec l’installation de l’immunité) et la fréquence des coproscopies.
Au vu de ces paramètres, la première notion importante qui doit être citée dans la gestion du parasitisme, c’est la météo. Effectivement, pas de plan parasitaire sans regarder en permanence la météo, ce que tous les éleveurs font déjà quotidiennement. Et c’est pour cela aussi qu’un plan parasitaire ne peut être qu’individuel et adapté à chaque ferme, et doit être revu tous les ans. Bien sûr des repères existent pour façonner ce plan facilement d’une année sur l’autre.
Deuxième notion importante pour les strongles digestifs : le réveil au printemps sur la prairie. Il se fait à partir de 12°C. Les larves infestantes (L3) se « réveillent » à partir du moment où la température la journée dépasse les 12°C. Et bien qu’ayant passé un hiver dehors, ces larves sont directement infestantes et semblent pondre plus, arrivées à l’âge adulte, pour rattraper le temps perdu.
Encore une chose importante à retenir : le premier signe d’infestation par des parasites gastro-intestinaux est invisible. C’est une baisse d’ingestion, très difficile à objectiver sur les paddocks, mais qui peut se voir rapidement sur la balance. La pesée est donc l’outil le plus important dans le suivi parasitaire. Elle doit être corrélée à la coproscopie ou au dosage pespsinogène, mais pas de bon suivi parasitaire sans pesée. C’est comme les frites sans la bière, ça ne devrait pas exister…
Ces notions de température et de cycle vont nous permettre d’ébaucher le plan parasitaire.

Pour les strongles respiratoires, la bronchite vermineuse – Dictyocaulus Viviparus de son petit nom – les conditions optimales sont les mêmes soit 18°C/23°C et un peu d’humidité, mais le cycle est beaucoup plus court. Lorsque ces conditions sont réunies, le cycle de Dictyocaulus n’est que d’une semaine. Juste 7 jours entre l’émission d’un œuf dans les bouses et la ponte par un adulte. Et tout cela en ayant été avalé, être passer dans le tube digestif, l’avoir traversé, être remonter jusqu’au diaphragme, le traverser, et percer les poumons pour remonter jusqu’à la gorge. Rien que ça … La contagion du lot avec ce cycle court est donc très rapide et la propagation sur les parcelles se fait dans tous les sens, car les œufs de Dictyocaulus sont en plus dispersés à 1m50 des bouses par un champignon sauteur (et hallucinogène pour ceux que ça intéresse), le Pilobolus – petits points orange sur les bouses.
Les crises de bronchite vermineuse annuelles dans un troupeau sont dues à l’excrétion d’œufs par des porteuses saines (qui ne toussent pas ou peu) quand les conditions météo sont là, et par la persistance de la bronchite sur la prairie.
La bronchite utilise un hôte qu’on appelle paraténique (le parasite reste en dormance dans cet hôte en attendant des jours meilleurs), le ver de terre… Ce brave lombric peut être la cause de la résurgence de la bronchite sur une parcelle. On lui pardonne au vu du travail qu’il réalise dans les prairies. Les vaches adultes s’immunisent quelque peu envers les vers adultes mais l’immunité n’est pas très efficace contre les larves. C’est pour cette raison que les plus jeunes sont plus sensibles – pas encore eu de contact- et que l’on peut avoir des épisodes de bronchite vermineuse sur des troupeaux adultes tous les ans.
Outils de détection : pesée, coproscopie et dosage pepsinogène
La pesée
Comme vu précédemment, les strongles, par différentes actions biochimiques (action traumatique, chimique et spoliatrice) dans l’intestin, entraînent une baisse d’ingestion et de ce fait, une perte d’état. Assez peu décelable car l’animal va continuer à manger, mais en s’orientant vers les plantes plus riches en protéines pour tenter de compenser les pertes. Mais son appétit est quand même diminué, les actions traumatiques des strongles engendrant des douleurs abdominales et donc une baisse de consommation.
Cette subtile baisse d’ingestion passera donc quasi inaperçue, à moins de passer beaucoup de temps à observer les animaux. Il faut donc utiliser la pesée le plus souvent possible, toutes les 4 semaines au mieux et au maximum toutes les 6 semaines.

Certes s’équiper est un investissement, mais la balance et le matériel associé ne serviront pas qu’à peser les génisses de première année. Y passer les autres animaux de tout âge est aussi très utile. Et ce même matériel sert aussi à la contention en toute sécurité lors des manipulations ; Ce qui n’est pas à négliger. Il faut bien sûr bien répertorier les GMQ, mais certains systèmes peuvent aussi vous donner les GMQ en temps réel. La Rolls,certes, mais super efficace si on l’utilise après avoir reçu les résultats de coproscopie ou pepsinogène pour traite en ciblé et sélectif !
Car c’est bien à cela que la balance va nous servir : surveiller les croissances, bien sûr, mais aussi traiter les bons animaux, à la bonne dose, et limiter l’utilisation des produits et l’apparition de résistances. Des pratiques indispensables aujourd’hui dans vos élevages agrorésilients.
La coproscopie

La coproscopie est le test le plus simple à réaliser actuellement. Certes ce n’est pas le plus fiable et il faut la faire aux bons moments et parfois la répéter pour obtenir un résultat cohérent.
La coproscopie de mélange est efficace si on prend au minimum 5 animaux du lot et si les prélèvements sont réalisés correctement.
Soit directement au rectum, avec une contention. On prélève au gant chaque animal et le laboratoire s’occupera du mélange des 5 prélèvements.
Soit en récoltant de la bouse hyper fraîche – changer le lot de paddock et revenir les voir 1 heure après, ils se lèvent et bouses et là on se jette sur les bouses comme une mouche affamée – et on prélève à la petite cuillère, en prélevant 1 petite cuillère rase à 3 endroits différents de la bouse et dans 10/12 bouses.
Quel que soit le mode de prélèvement, videz au maximum l’air dans le sachet ou le gant de prélèvement. L’oxygène contenu dans le sachet permet aux strongles d’éclore et donc réduit le nombre d’œufs détectables au microscope.
Pour le prélèvement à terre, les sachets ZIP congélation sont les plus pratiques. Identifiez correctement le sachet (nom du lot) ou les gants (numéro de animaux). Mettez-le au frais ou envoyez le plus vite possible au laboratoire. S’il fait très chaud, une poche de froid dans le paquet d’envoi sera la bien venue mais pas en contact direct avec le sachet de bouse, la congélation ferait exploser les œufs et le comptage sera faussé.
L’idéal étant de faire le prélèvement le Lundi matin, envoi au laboratoire dans la journée (plus le délai entre le prélèvement et l’analyse est court, plus la coproscopie est précise), résultats milieu de semaine, pesée fin de semaine. Tout s’enchaîne à merveille et le travail est facilité. A la pesée, on aura plus qu’à corréler les GMQ avec les résultats de coproscopie pour traiter les animaux qui en ont le plus besoin.
A partir de plus de 250 œufs par gramme ( opg sur la feuille de résultats), il faut surveiller les GMQ faible et envisager d’intervenir. En période à risque – de Mai à Octobre – on fera des coproscopies toutes les 6 à 8 semaines (sauf été très chaud et sec les cycles sont rallongés) afin de surveiller au plus près les premières années de pâture. Et la pesée mensuelle nous servira également de vigie et pourra déclencher une coproscopie si les GMQ ne sont pas bons.
Attention aussi à la période de prélèvement. En tout début de saison et toute fin de saison, les résultats de coproscopies ne seront pas très fiables. Effectivement, quand les températures sont trop basses ou baissent, les strongles ont une stratégie de survie, l’hypobiose. La ponte s’arrête (ou se ralentit très fort) et les strongles se mettent en dormance dans l’intestin, en attendant de meilleures conditions. La coproscopie ne reflètera donc pas le niveau d’infestation des animaux. En fin de saison, il sera plus judicieux de faire un dosage de pepsinogène.
Et comme vu plus haut, pour commencer les coproscopies, on tient compte de la température de 12°C pour commencer et ensuite d’un délai de 6/8 semaines, voir 10 si chaud et sec.
Pour le cas de la bronchite vermineuse, on demandera plutôt des coproscopies individuelles – donc prélèvement au rectum de l’animal directement- car dans ce cas les larves de Dictyocaules sont plus faciles à trouver.Lors d’un épisode de bronchite vermineuse on ne va rechercher les œufs dans les bouses, mais les larves du parasite. Il faut donc préciser au laboratoire qu’on veut une recherche de strongles pulmonaires par la méthode Mac Kenna ou Baerman .
Le dosage de pepsinogène
Ce dosage est très intéressant pour connaître son niveau d’infestation par les strongles. On va doser dans le sang, le niveau de pepsinogène. Ce pepsinogène augmente dans le sang quand des strongles de type Ostertagia vont se fixer – et abîmer – la caillette. La paroi de la caillette devient plus perméable au pepsinogène, protéine proenzymatique produit dans la caillette, et celle-ci passe dans le sang. Ce qui permet de la mesurer.
Plus le pepsinogène est élevé, plus l’infestation par Ostertagia Ostertagi est importante. Mais Ostertagia ayant le même cycle de 3 semaines que les autres strongles, on peut transposer le niveau d’infestation par Ostertagia au niveau d’infestation par les strongles. On pourrait utiliser ce test, plus précis que la coproscopie en pâture mais les délais pour obtenir les résultats sont pour le moment trop longs : 10 jours voir plus …
On utilise donc ce test en fin de saison (Novembre/Décembre) sur les premières saisons de pâture, quand la coproscopie ne donnera rien car les strongles sont en hypobiose et ne pondent plus. Cela nous permettra de savoir si les animaux sont encore infestés de manière importante ou s’ils ont été en contact avec les strongles et ce sont bien immunisés. Comme pour la coproscopie il faut prendre au moins 5 animaux du lot. Mais pour réduire les coûts l’analyse de mélange sur 7 animaux semble représentative.
Le seuil d’alerte se situe à 1750 Micro UnitesTyrosine. A partir de ce seuil, on considère que l’infestation reste importante et qu’elle pourrait avoir des effets délétères sur les animaux pendant l’hiver : Baisse de GMQ et parfois diarrhée importante. Il vaut mieux envisager un traitement – demander conseil à votre vétérinaire – mais toujours en corrélant ces résultats à la pesée. Ne pas traiter tout le monde encore une fois semble la meilleure façon de faire. Plus facile à dire qu’à faire.
On peut évoquer la densité optique - DO - sur lait de tank
Longtemps présenté comme le test de niveau d’infestation des vaches laitières, la Densité Optique – DO- est fortement remise en cause maintenant. Cette technique mesurait comme le pepsinogène le taux d’anticorps envers le parasite Ostertagia dans le lait de tank. Mais il a été démontré que ce taux ne reflète pas vraiment le niveau d’infestation car les anticorps mesurés dans le lait peuvent persister plus de 6 mois. De plus, des études ont montré qu’il n’y avait pas de différence de production entre des troupeaux à DO élevés ayant reçu un traitement vermifuge et des troupeaux à DO élevé n’ayant reçu aucun traitement. Et en système pâturant, la DO sera toujours élevée et au-dessus des normes car les vaches ont un contact très long avec les parasites. La Densité Optique du lait de tank n’a donc aucun intérêt en système pâturant.
Traiter ou ne pas traiter, that is the question…
Quelque soit le lot à traiter, les préconisations actuelles sont de ne pas traiter tout le lot comme on avait l’habitude de le faire. Des résistances à quasi tous les produits sont apparus plus ou moins récemment à travers le monde, même la bronchite vermineuse montre des signes de résistance à l’Eprinomectine en Angleterre … Et des résistances aux anticoccidiens existent déjà chez les volailles. On tentera donc d’appliquer au mieux les règles de vermifugation suivantes :
Peser les animaux pour administrer la bonne dose ou se baser sur le plus lourd du lot. Il vaut mieux un vermifuge sur dosé que sous dosé
Et on commence à voir des préconisations qui conseillent de doser à 10% en plus de la dose indiquée, lors d’administration par voie orale. Effectivement, lors d’un drenchage,même avec une bonne contention, l’animal rejette toujours un peu de produit. Augmenter la dose de 10% permettrait de ne pas sous doser sans intention de le faire.
Laisser les animaux 72 h sur la parcelle sur laquelle ils ont été traités pour éviter d’emmener des vers résistants sur des parcelles saines
Ne jamais traiter tout le lot et laisser au moins 10% des animaux non traités
L’idéal étant de traiter au cas par cas : Moches, Culs sales, Poil piqué et décoloré. Le seul critère vraiment objectif étant encore une fois la pesée corrélée à la coproscopie.
Eviter les pour-on et les formulations longue action – C’est caca !!
Ces galéniques sont les premières pourvoyeuses de résistance. Les pour- on car une faible fraction seulement est absorbé par la peau (moins de 40%) et des animaux n’ayant pas besoin de traitement peuvent les absorber par léchage de leurs congénères. Les longues actions, en toute fin d’activité, ont une concentration dans l’organisme des animaux inférieure à la dose nécessaire pour avoir une action sur les parasites. Ceux-ci sont donc en contact avec la molécule mais sans être tués. Ils deviennent donc résistants.
Réaliser une coproscopie de contrôle après traitement
- 10 Jours après un traitement avec un benzimidazole , un levamisole ou des huiles essentielles
- 15 jours après un traitement avec une avermectine : Ivermectine, doramectine , eprinomectine
- 20 jours après un traitement avec une moxidectine
Cette étape n’est pas indispensable à chaque fois, mais il faut vérifier de temps en temps pour ne pas se laisser dépasser par l’apparition d’une résistance à une molécule. La technique suppose de faire une coproscopie avant et après traitement, c’est la notion de TREF, Taux de Réduction d’Excrétion Fécale. Il faut que par rapport à la coproscopie avant traitement, celle après traitement (en respectant les délais selon les molécules) montre une réduction de l’excrétion d’œufs dans les bouses d’au moins 95%. En dessous de ces 95%, on parle d’apparition de résistance. Et aujourd’hui, certains parasitologues préconisent même une efficacité un TREF de 100 % pour contrôler l’apparition d’une résistance !
Une fois ces règles intégrées à la gestion du parasitisme, reste le choix de la molécule. Le but étant que les jeunes animaux fassent des croissances tout en s’immunisant au maximum. Et on sait aujourd’hui que pour avoir une bonne immunité strongles digestifs, les jeunes doivent avoir au minimum 6 mois de contact avec les parasites. Cela paraît simple mais pas tant que ça.
Pour estimer le niveau de cette immunité, on parle de Temps de Contact Effectif – TCE-c’est-à-dire le temps réel pendant lequel les jeunes seront en contact avec les parasites.
Pour ma part, j’ai introduit la notion de Temps de Contact Théorique- TCT. Explication : En théorie, vos jeunes animaux sont dehors au minimum 8 mois de l’année (plus c’est encore mieux !). C’est le TCT. Pour obtenir mon Temps de Contact Effectif -TCE – qui va permettre à mes bovins de s’immuniser correctement, il faut enlever du temps total où ils sont dehors – TCT- les périodes chaudes et sèches et le temps de rémanence des vermifuges. Lors des périodes chaudes et sèches, les parasites meurent plus, leur cycle est plus long (5 semaines au lieu de 3) et on est souvent obligé d’affourager. Les animaux consomment moins d’herbe donc moins de parasites. Avec les vermifuges rémanents, autre donnée du calcul, leur durée d’action – 3 voire 4 semaines – va empêcher le système immunitaire de faire son travail car il ne sera pas en contact avec les parasites, ceux-ci étant tous morts…
Le calcul est simple donc : TCE = TCT – Temps sec et chaud – temps d’action des vermifuges donnés en cours de saison. Si on considère, pour l’exemple, 6 semaines de temps chaud et sec, et 2 vermifuges rémanents à 3 semaines administrés pendant les 8 mois dehors, le TCE, donc l’installation de l’immunité n’aura que 5 mois pour se faire. Un peu short comme disent les surfeurs …
Vient également à l’esprit la très importante notion de résistance et d’effet sur l’entomofaune. Les pratiques qui entraînent de la résistance sont connues : sous dosage, utilisation de Pour On ou molécules longue action, traitement en systématique de tout le monde avec toujours la même molécule. Il faut donc respecter les règles vu précédemment (peser pour traiter, pas tout le lot, laisser les grosses tranquilles etc etc) et si possible varier les molécules selon les années mais aussi dans l’année. On sait aujourd’hui que les parasites développent des mécanismes de résistances aux molécules dès le premier contact ! N’hésitez pas à en parler à votre vétérinaire.
Pour ce qui est de l’entomofaune- bousiers, mouches, vers et même les abeilles (et oui elles aussi mangent du caca …) – les avermectines, molécules rémanentes, ont un effet dans les bouses pendant des semaines ! D’où l’importance de choisir la bonne molécule pour nos amis les carabes !
Pour les jeunes on tentera donc d’utiliser le plus possible des molécules non rémanentes – Benzimidazoles voie orale et Levamisole injectable. On utilisera les avermectines – Ivermectine, Doramectine plutôt en fin de saison après le dosage Pepsinogène. Et si on utilise ces avermectines en saison, il ne faut pas perdre de vue la notion de TCE pour l’installation de l’immunité lors de la première année de pâture.
Et, soit dit en passant, l’utilisation d’une eprinomectine sur des génisses qui toussent est une aberration ! Il faut absolument réserver cette molécule aux vaches laitières, seule molécule à 0 délai lait (48 h en Bio). Le Levamisole est aussi efficace qu’elle sur la bronchite vermineuse et beaucoup beaucoup moins cher.
Il existe aussi des bolus de Benzimidazoles, qui relarguent jusque 6 fois sur 130 jours une dose de vermifuge. Pas rémanent donc peu délétère pour l’entomofaune et qui permet également un bon développement de l’immunité – puisqu’une action de 6 jours uniquement. Mais, à mon humble avis, attention de ne pas les utiliser tous les ans. Comme dit plus haut, les parasites développent des mécanismes de résistance dès le premier contact avec la molécule. Donc on bout de 6 fois dans la même année, on pourrait avoir des surprises sur le moyen terme…
Les voies d’administration les plus efficaces sont l’injection ou la voie orale. A noter que pour la voie orale il vaut mieux surdoser de 10% et administrer la dose aux animaux à jeun, les produits seraient ainsi plus efficaces.
Et les adultes alors ?
Chez les vaches adultes, le cas de figure de la bronchite vermineuse se présente souvent. En urgence on vermifuge tout le monde à l’Eprinomectine, seule molécule sans délai lait (sauf en bio, puisqu’en bio 2x0 = 2 et non la tête à Toto …). La gestion d’un épisode de bronchite est délicate car beaucoup de vaches toussent, coupent en lait et peuvent même faire des complications pulmonaires. Mais on sait aujourd’hui, et c’est assez nouveau, que la bronchite vermineuse – Dictyocaulus Viviparus – devient résistante à l’Eprinomectine. Ce qui peut devenir très très problématique en élevage laitier.
On tentera donc de gérer un peu comme avec les strongles digestifs : celles qui toussent, plutôt les primipares car elles s’immunisent moins bien que les vaches ayant déjà eu de la bronchite (même si l’immunité n’est pas totalement efficace d’une année sur l’autre). Ce qui fera, je vous l’accorde, plus de travail : toutes ne vont pas tousser en même temps au vu du cycle du parasite, et il faudra surveiller pendant quelques jours si des nouvelles vaches ne présentent pas de symptômes. Et attention ! Le fait de vermifuger ne veut pas dire que la vache va arrêter de tousser le lendemain. Les lésions dans les poumons, que les strongles respiratoires vont percer, persistent longtemps et font tousser les animaux un certain moment.
Pour les strongles digestifs, on parlait souvent de vaches immunisées une fois adultes. Or il s’avère que toutes ne s’immunisent pas totalement. Environ 20 % des vaches adultes restent sensibles aux strongles digestifs même à l’âge adulte. Pour les repérer, on notera celles qui ont du mal à reprendre de l’état après le vêlage, celles qui ne montent pas en production, ou même celles avec des bouses molles voir de la diarrhée bien que la période d’herbe jeune et riche de printemps soit passé depuis un moment. On peut réaliser des coproscopies sur ces individus, mais il vaut mieux alors faire des coproscopies individuelles qu’en mélange. Bien que ces coproscopies ne révèlent souvent pas grand-chose. C’est le diagnostic thérapeutique – l’administration d’une Eprinomectine injectable – qui permettra de soupçonner du parasitisme : la vache reprend de l’état, les bouses reviennent à la normale et la production laitière monte. Encore une fois, un traitement systématique du troupeau entier en Pour-On ( Nooon pas en Pour-On c’est caca je vous dis !) n’est plus de mise aujourd’hui.Il faut cibler les vaches à traiter.
Autres moyens de maîtrise
La gestion du parasitisme par le chimique pose de plus en plus question aujourd’hui, il faut envisager d’autres moyens de maîtriser ce paramètre d’élevage : pâturage tournant dynamique, plantes à tanins, préparations à base de plantes ou d’huiles essentielles, pâturage inter espèces. Explications
Technique de pâturage
On peut bien sûr commencer par le pâturage :
Le pâturage tournant dynamique a montré son efficience sur la réduction du parasitisme, à condition de respecter certaines règles :
Ne pas descendre trop bas avec les jeunes – quitte à devoir faucher ou plutôt faire passer des animaux à faible demande, voir d’une autre espèce, derrière. Cette notion est importante car 80% des parasites se trouvent dans les 5 premiers centimètres en bas de la plante. Les faire raser est donc une mauvaise idée.
Ne pas revenir trop vite. Avec leur cycle de 3 semaines et leur persistance sur la prairie, plus on revient tard, moins la parcelle sera chargée en strongles. On sait que 80% des parasites présents meurent dans les 3 semaines. Un retour à 40 jours limitera l’infestation mais plus c’est long, meilleur c’est.
Si on peut alterner un passage des animaux et une fauche, c’est top aussi. Les parasites n’aiment pas être exposés à la lumière et à la chaleur La fauche permet tout cela et entraîne une mortalité plus importante chez les strongles restant sur la prairie
Utiliser des flores d’étés type Chicorée, Plantain, Luzerne aussi pour les jeunes. Chicorée et Plantain possèdent des tanins condensés qui vont agir sur les protéines ingérées et les faire passer directement dans l’intestin – protéines by-pass et favoriser les croissances. La luzerne est très riche en protéine. Avec ces 3 plantes, les animaux mangent plus haut également, ils n’ont pas besoin de descendre à ras du sol pour se nourrir, donc moins de contact avec les parasites. Et un 3 ° avantage, l’implantation de ces cultures est souvent plus espacée qu’un classique RayGrass Trèfle Fétuque. Le sol est donc plus chaud (et c’est ce qu’on demande aussi à ces plantes, mieux résister au chaud) et beaucoup moins favorable aux strongles
Plantes à tanins
Tout le monde parle maintenant des plantes à tanins pour contrôler le parasitisme.
Pas si simple en fait. Les plantes utilisées – Chicorée, Sainfoin, Lotier – possèdent des tanins condensés qui vont avoir une action directe sur les strongles : moins de reproduction, blocage de la mue, moins de ponte. Et aussi une action tannique sur la protéine comme vu plus haut avec les flores d’été.
Mais pour que l’action soit efficace, il ne faut pas juste un passage sur une prairie avec ces plantes. Les anglo saxons ont démontré depuis longtemps que la Chicorée avait un effet sur les strongles au bout de 10 jours de pâturage sur Chicorée. Le Sainfoin et le Lotier sont plus chargés en tanins que la Chicorée, mais après réside le problème de l’implantation de ces 2 dernières… Et idem un temps de pâturage qui doit être de plusieurs jours.
On sait aujourd’hui que pour avoir un effet sur la santé de l’animal et un effet sur les parasites, il faut que les tanins représentent 4% de la MS ingérée. Sur des jeunes bovins consommant environ 5 kg de MS / jour, il faudrait, pour avoir une effet « vermifuge » en 1 fois qu’ils consomment 200 gr de tanins. Avec un Lotier Corniculé, bien chargé en tanins (48gr/kg de MS), ces jeunes animaux doivent ingérer environ 4 kg de MS de Lotier soit plus du double en plante fraîche plante fraîche. Le Sainfoin peut monter à 84 gr de tanins par kg de MS donc QUE 2kg300 de MS à ingérer. Les quantités à ingérer sur une journée ne sont donc pas réalisables. C’est pour cela qu’il faut pâturer plusieurs jours ces espèces et en quantité relativement importante.
Ces plantes ont donc un intérêt mais la mise en place au pâturage avec d’autres espèces pour avoir un effet protecteur sur les strongles n’est pas évidente. Le Lotier peut supporter le pâturage mais doit souvent être re semé une année sur l’autre.Et le Sainfoin n’a pas de très bonnes performances en mélange. On l’utilisera plus en foin.
Beaucoup d’autres plantes à tanins existent, mais leur utilisation en pâturage n’est pas encore au point.
Utilisation de plantes sèches ou huiles essentielles
Les « scientifiques » purs et durs vont crier « Mais c’est un scaanndaaale !! » comme disait Georges à la télé – comprend qui peut. Mais sur le terrain, des résultats commencent à voir le jour. Des essais de bassines à l’aïl, vérifiés par dosage de pepsinogène en fin de saison, semblent avoir montré un effet – voir encadré. L’utilisation d’huiles essentielles, particulièrement en petits ruminants ou sur les veaux pour la cryptosporidiose ( HE de Curcuma Longua ) ont aujourd’hui leurs adeptes.
Il reste beaucoup de chemin à faire dans ce domaine et surtout ne pas attendre des résultats comme le ferait un vermifuge chimique. Et c’est pour cela que les non-utilisateurs ou les opposants ne comprennent pas toujours le concept. Les plantes, les huiles essentielles sont un tout (on parle de totum de la plante) et non une seule molécule. Ce sont des centaines de molécules qui agissent sur les parasites, mais sur l’ensemble de l’individu, en le rééquilibrant et en stimulant ses organes de défense : Foie, Rate, Rein. Un concept plutôt holistique pas toujours facile à appréhender.
Le pâturage inter espèces
Une pratique semble sortir du lot, mais encore faut il pouvoir le faire, c’est le pâturage inter espèces. Des moutons suite aux génisses, et ce qui semble le plus efficace pour le moment, ce sont les chevaux suite aux bovins. Le pâturage à la suite donnerait de meilleurs résultats que lorsqu’on mélange les espèces.
Mais on ne conduit pas des chevaux comme nos belles ruminantes. Pour les équidés, un paddock d’une journée sera beaucoup trop petit. Ces animaux aiment se déplacer en permanence.Il vaut mieux donc qu’ils passent sur 2 voir 3 paddocks en même temps. Pour les moutons, le simple fil ne sera pas suffisant. Il faut donc prévoir à l’avance au moins un double fil, au risque de voir les pacifiques ovins aller plutôt manger le paddock du lendemain plutôt que de finir les restes …
On a donc quelques possibilités pour tenter d’aider à la maîtrise du parasitisme, mais toutes ne sont pas adaptables partout.
Est-ce que t’as un plan coco ?

Après toutes ces considérations, on peut se dire que le parasito, ce n’est pas vraiment du gâteau …
Effectivement, il semble qu’on ne gagnera jamais contre ces aliens aux multiples stratégies. Il faut donc vivre avec – ma prof de physique de 3° venait de Mars et tout s’est bien passé.
Pour commencer on fera une coproscospie sur les très jeunes, même s’ils ne sont pas sortis, vers 15 jours /3 semaines. Cela nous permettra de savoir s’ils sont porteurs de coccidies pathogènes, de Strongyloïdes ou Giardiose transmis par les mères, et freineurs de croissance.
Une fois sortis, on retiendra la température de 12°C et les cycles de 3 semaines, avec une première coproscopie à 9 semaines après 12°C. Puis selon la météo, des coproscopies toutes les 6 à 8 semaines.
Sur un lot on réalisera environ 5 coproscopies sur la première année, pour un budget d’environ 100 €. Mais avec un bon suivi, on peut souvent faire l’économie d’un flacon de vermifuge rémanent, donc les 100 € sont facilement amortis et on les verra plus comme un investissement sur l’avenir des jeunes que comme un coût.
Si on veut toucher la perfection, on réalisera un dosage sanguin de pepsinogène de mélange (7 animaux) vers le mois de Décembre. Cela nous permet de s’assurer que l’immunité est acquise pour les premières années de pâture et d’éviter des complications parasitaires en hiver.
Et bien sûr, la pesée qui nous permettra un suivi beaucoup plus pointu que la coproscopie seule et l’évaluation de l’état à l’œil. La pesée, l’essayer c’est l’adopter !
En suivant ce type de plan sur la première année, on porte une attention particulière aux premières années de pâture et à l’installation de l’immunité chez ces animaux. Ce qui facilitera la conduite des 2° années de pâture.
Pour les 2° années, on fera une coproscopie 9 semaines après l’atteinte des 12°C, et toujours des pesées mensuelles. Selon le résultat de la coproscopie et des croissances, on pourra effectuer des coproscopies toutes les 9 semaines sans trop de risques si l’on a géré correctement les premières années.
Sur le troupeau des laitières, on l’a vu plus haut : coproscopies individuelles sur les moches, celles qui peinent à reprendre de l’état ou à monter en lait.
La stratégie de traitement sera donc intrinsèquement dépendante de ces outils. Et le choix de la molécule également. Pour celle -ci il faudra également prendre en compte la notion de résistance – faire une coproscopie de contrôle si nécessaire- et l’effet sur l’entomofaune et donc la dégradation des bouses.
Et bien entendu, sur le métier remettre 100 fois son ouvrage, car comme précisé plusieurs fois, les facteurs très variables de la parasitologie – météo, biotope, conduite – ne vont pas permettre d’établir un plan d’action pour les 10 ans à venir. Il faut y réfléchir tous les ans, et le modifier selon les conditions météos.

LES GENISSES DE BEA
Depuis 5 ans maintenant, Béa, dans le Nord, utilise des bassines à l’aïl en prévention des strongles et mouches pour son lot de génisses. Les bassines sont faites maison avec de l’aïl poudre ou de l’huile essentielle d’aïl. Elles sont mises en place dès la sortie des jeunes animaux – début Avril et jusque fin Octobre. Des prises de sang dosage Pepsinogène sont réalisées sur le lot tous les ans pour vérifier l’efficacité de la méthode. Tous les dosages sont largement en dessous du seuil de 1750 milliUnites de Tyrosine. Béa n’utilise plus de Cydectine Longue Action depuis 5 ans sur sont lot de génisses
En conclusion
Impossible aujourd’hui de gérer la parasitologie comme avant, en systématique, et il faut absolument changer de paradigme.
Les aspirations des éleveurs à l’herbe sont certes, de faire de la production efficace mais surtout de la production résiliente. C’est dans leurs convictions et cela fait écho aux attentes des consommateurs.
Avec les outils disponibles, qui vont sûrement évoluer rapidement au vu des attentes de tous les acteurs de la filière, on peut déjà rationnaliser la gestion du parasitisme : pesée régulière et comparaison des GMQ, coproscopies plus nombreuses et de contrôle en cas de suspicion de résistance, dosage de pepsinogène à l’automne, optimiser le pâturage, tenter le pâturage inter espèces, implanter des plantes à tanins, s’aider des plantes et huiles essentielles.
Il faut se dire que la gestion du parasitisme, c’est comme la gestion de l’herbe, très technique, changeante selon les conditions climatiques, mais totalement passionnante !!
Sébastien KNOCKAERT
Vétérinaire conseil chez VetSens
